Le fil de Titem
Oui, c’est un défilé coloré, oui, les gens s’amusent, oui, je suis parfois un consommateur servile et dépolitisé, un singe sorti de sa cage ou ce que vous voulez. L’image « déplorable » que ça renvoie, c’est quoi face au droit de défiler quand certains pays n’ont pas ce droit (Russie, Afrique, etc.), ou le font sous les pierres (Croatie) ou les morceaux de déjection humaine (Riga) ou face à un groupe d’homophobes (Angers). J’ai le droit de marcher torse nu dans Paris avec marqué sur le torse pédé et fier, j’ai le droit de tenir un drapeau Rainbow à pleine main et le balancer au dessus de la foule, j’ai le droit de dire dans un climat homophobe français qui s’affranchit de plus en plus que je suis là, que j’assume, qu’ils ne m’ont pas encore donné honte de ce que j’étais, que les autres, ceux qui ont défilé les premiers, l’œil torve et la démarche tremblante, dans les années 70, ceux qui sont morts ou qui sont encore là, j’ai le droit de leur dire qu’ils peuvent être fiers de ce qu’ils ont fait, de ce qu’ils ont été, parce que j’ai le droit de défiler, mais aussi d’accueillir des mecs chez moi, de baiser dans des backrooms, de me pacser, de répondre quand on me pose la question « Oh moi, tu sais, chuis un gros pédé » sans perdre mon job, sans rougir, sans tiquer de l’œil ou de la main. Tout ceci représente mon droit d’exister, de défiler, et parce que ce droit n’est pas acquis partout, est remis en cause tout le temps, j’en fais un devoir. Voilà à quoi sert VRAIMENT la Gay Pride™ pour moi.
Mike Nietomertz, L’ignoble carnaval de la Gay Pride sur Minorités (via zerojanvier)
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