| — | Extrait du livre de Marek Halter Le Kabbaliste de Prague, page 91. |
| — | Hollywood enterre une étude qui démontre que les pirates sont de bons clients (via chosesvuessurlenet) |
Un nouveau produit technologique qui va révolutionner l’industrie culturelle, sans câbles ou batterie, ça s’appelle : BOOK !
Une vidéo en espagnol, qu’on peut voir sous-titrée en français ici.
Une petite vidéo promotionnelle, mais voilà tout ce que l’on aime à Montréal : les parcs fleuris où il fait bon se promener, les restaurants et les épiceries, les festivals de toutes les cultures, les arts… Toujours un plaisir d’en découvrir chaque jour davantage de cette ville, et de la faire découvrir à d’autres !
Nabucco de Verdi est une œuvre autant musicale que politique : elle évoque l’épisode de l’esclavage des juifs à Babylone, et le fameux chant « Va pensiero » est celui du Chœur des esclaves opprimés. En Italie, ce chant est le symbole de la quête de liberté du peuple, qui dans les années 1840 – époque où l’opéra fut écrit – était opprimé par l’empire des Habsbourg, et qui se battit jusqu’à la création de l’Italie unifiée.
“O mon pays, beau et perdu”… Voir qu’une oeuvre comme Nabucco résonne jusqu’à aujourd’hui, alors que l’Italie est en faillite morale et politique, cela rassure quelque peu sur la nature humaine.
| — | Walter Benjamin (1939). |
Les chiffres sont passés inaperçus, pourtant ils sont terribles : selon une enquête réalisée par l’institut CSA pour l’Admical (Association pour le développement du mécénat industriel et commercial), le mécénat de la culture est passé de 975 millions d’euros à 380 millions d’euros de 2008 à 2010, accusant une perte de 595 millions d’euros, soit 63 %.
Certes, le mécénat lui-même a baissé de 2,5 milliards d’euros à 2 milliards d’euros (moins 20 %) lors même que le nombre d’entreprises mécènes augmentait de 17 %. Mais la culture ne représente plus que 19 % du budget global et se situe désormais en troisième position derrière le trio “social, éducation, santé” (36 % du budget, soit 720 millions d’euros) et le sport, lequel, en progressant de 26 %, prend la seconde place en termes d’engagement.
[…] Le mécénat, en effet, à l’image de notre société avide de profits à court terme, a progressivement dérivé vers la communication. Laquelle s’est ralliée naturellement aux grandes institutions culturelles. “Plutôt que de financer quinze petites structures, on préfère investir dans un grand projet plus visible”, constate Olivier Tcherniak.
Aider les gros, donc, ou alors les très faibles, qui n’ont aucun accès à la culture. C’est là l’autre facteur important : le glissement du mécénat vers la responsabilité sociale est désormais un fait établi. “Les grands patrons doivent rendre des comptes à leurs actionnaires et à leurs salariés, affirme Olivier Tcherniak. Faire du social, de l’humanitaire ou de l’environnemental est devenu plus facile.”
La faute à la fameuse RSE (responsabilité sociale des entreprises, code de bonne conduite à base d’éthique responsable et d’utilité publique), qui, en rapport avec les compétences et l’objet social de l’entreprise, exclut a priori la culture. Cette obligation favorise ce que l’on a nommé le “mécénat croisé” : un programme culturel ne sera soutenu que s’il appuie lui-même des actions sociales (insertion, actions éducatives, accessibilité des publics).
“Le discours auquel sont sensibles les entreprises aujourd’hui ne passe plus par la beauté de l’art mais par la culture comme facteur d’équilibre de la société”, note Christophe Monin, responsable du département de fundraising au Musée du Louvre. […]
Pointé par tous, le désengagement de l’Etat pèse lourd. “Le mécénat est très clairement lié à l’affirmation d’une politique culturelle forte, renchérit Mme Tridde-Mazloum. Or le désengagement des pouvoirs publics et le manque de grands projets culturels découragent les entreprises.”
[…] A la Fondation Orange, la chargée des projets culturels, Marie-Sophie Calot de Lardemelle, prévient : “Il faut que la culture réfléchisse. Le mécénat est en train de muter. On fait moins de projets mais à plus long terme. Du coup, on demande aux artistes une implication dans l’entreprise qui dépasse la contrepartie du logo et des places de concerts. Nous ne sommes plus de simples bailleurs de fonds.”
Quelques facteurs encourageants demeurent. Interrogées, 70 % des entreprises déclarent vouloir maintenir sinon développer leur mécénat. Les PME et PMI s’impliquent dans le mécénat de proximité. Et le mécénat individuel émerge. Le directeur général du Festival d’Aix-en-Provence, Bernard Foccroulle, constate qu’il“est passé de 200 000 à 500 000 euros entre 2006 et 2011”. Au Louvre, Les Trois Grâces de Cranach ont affolé le mécène de la rue : “Sur le 1,5 million d’euros de souscriptions, 1,2 million est venu de donateurs individuels”, s’enthousiasme Christophe Monin.
“Profitant de la législation canadienne, qui stipule qu’un écrivain tombe dans le domaine public cinquante ans après sa mort, les Classiques des sciences sociales ont mis en ligne, en 2010, vingt-quatre ouvrages de l’œuvre de Camus - parmi lesquels l’Etranger, l’Homme révolté, le Mythe de Sisyphe, etc.”
Maintenant qu’ils ont l’assurance que l’Internet illimité ne sera pas surfacturé en fonction de la consommation, les Canadiens vont pouvoir (librement ?) lire les oeuvres d’Albert Camus.
« c’est la loi du consommateur final » qui doit prévaloir, selon Emmanuel Pierrat, avocat spécialiste de la propriété intellectuelle. Autrement dit, il incombe au responsable des Classiques de bloquer le téléchargement aux utilisateurs non canadiens car, depuis une fameuse jurisprudence Yahoo, il appartient aux responsables de sites internet de s’adapter à la législation française.
(Source : ecrans.fr)
La remarque est intéressante, même si à mon sens la musicalité plus poétique de la prose d’Amin Maalouf (et d’autres auteurs dits “francophones”) est différente de celle des auteurs Français, reflétant en cela la richesse de leur double identité culturelle.
(Source : fattouch)
Ainsi donc, 68 % des Français pensent que les Musulmans ne sont pas intégrés. Le décalage entre la réalité et le ressenti est impressionnant par son ampleur ! Je n’hésiterais pas une seule seconde à l’attribuer à la politique d’immigration et autres débats sur l’identité nationale que nous avons connus récemment. […] Car la réalité, c’est que l’immense majorité des Musulmans (et plus généralement des immigrés en provenance du Maghreb) sont parfaitement intégrés. Tellement intégrés qu’ils sont invisibles. C’est peut-être pour ça que par contraste, et par jeu politique aussi, quelques figures emblématiques comme ce mari de la conductrice voilée, ces imams violents ou bien ces jeunes en plein repli communautaire, vous semblent trop visibles, trop gênants, trop dangereux. Pourtant, ils sont minoritaires et ne sont guère représentatifs de quoi que ce soit.
[…] Dans mon entourage, tout le monde n’a pas fait des études supérieures, tout le monde n’a pas un boulot archi valorisant, mais la majorité sont au moins passé par le lycée public, un bon nombre ont eu leur bac, et tout le monde travaille dur. Des situations qui ne me paraissent guère différentes de celles de tous les autres citoyens de ce pays.
Dans mon entourage, tout le monde adhère à des valeurs banales : la liberté, l’honnêteté, le respect de l’autre, le respect de la loi républicaine… Comme la plupart des Occidentaux.
[…] Alors évidemment, il y a la charia, la vision rétrograde des femmes (et des homosexuels), le voile intégral, et tout un tas d’autres différences culturelles qui sont tellement contradictoires avec les valeurs de la société française qu’elles semblent insurmontables. Sauf qu’en réalité, elles sont la plupart du temps déjà surmontées ! Nous parlons bien des Musulmans qui vivent en France, pas de ceux qui vivent en Iran par exemple. Et vous savez quoi ? L’intégration a fonctionné. Sur ces sujets, les valeurs et les mœurs occidentales ont largement pris le pas sur la culture originale de ces populations. Ce n’est pas étonnant : beaucoup (moi le premier) sont allés dans les écoles publiques françaises et ont donc reçu la même éducation laïque et républicaine que n’importe quel autre citoyen. Je n’ai jamais rencontré dans mon entourage quiconque qui soutiendrait l’application de la charia ou la lapidation des homosexuels.
[…] Enfin, dernière précision : dans mon entourage, à l’exception d’un collègue de boulot qui a souhaité conserver sa nationalité tunisienne, tout le monde est français. La loi multiplie depuis 20 ans (depuis les années Pasqua en gros) les restrictions à l’accession à la nationalité française, mais rien n’y fait : nous sommes encore et toujours français. Légalement français, linguistiquement français, culturellement français, viscéralement français. À tel point que si on nous renvoyait dans les pays d’origines de nos parents, nous y passerions pour des étrangers. À tel point qu’en écrivant ce billet, j’ai du mal à employer le « nous » et le « vous » tellement la séparation me semble ridicule et sans fondement.
Rien de plus à ajouter, tout est dit dans cet excellent billet (comme souvent) e Virgile.
Dans cette courte vidéo, Jacqueline de Romilly parle de son amour pour les textes grecs anciens, une porte ouverte à la compréhension du monde contemporain.
L’académicienne Jacqueline de Romilly, spécialiste de la civilisation et de la langue grecques, doyenne de l’Académie française et qui fut première femme professeur au Collège de France, est décédée samedi à l’âge de 97 ans. […]
«Je regrette que l’on n’oeuvre pas suffisamment pour ce qui développe la formation de l’esprit par la culture, par les textes et l’intimité avec les grands auteurs, perdant ainsi un contact précieux avec ce que les autres ont pensé avant nous»
La modernité des Grecs anciens l’intéressait plus que la mythologie à proprement parler. Elle admirait cette démocratie qui a eu le mérite d’avoir été inventée là, même si elle excluait nombre de catégories, notamment les femmes et les esclaves. Jacqueline de Romilly savait parler de la pertinence de cette période historique dans l’Europe actuelle. «On veut que les enfants sachent ce qui se passe autour d’eux. Mais quelle merveille de découvrir un monde autre pendant une heure. Pourquoi tirerait-on davantage d’une rencontre avec n’importe qui que d’un tête-à-tête avec Andromaque ou Hector ?», demandait-elle […] Elle déplorait que l’ensemble des connaissances soit aujourd’hui miné par l’utilitarisme. Sous-entendu: une société qui néglige Homère finira par oublier Voltaire.
(Source : lefigaro.fr)
