«Sur le papier, il peut être séduisant de mettre face à face chômeurs et immigrés», explique Patrick Simon, démographe à l’Ined. […] «C’est oublier que ces deux catégories de populations ne sont pas substituables», précise Patrick Simon. En clair, autochtones et immigrés n’occupent pas les mêmes types d’emplois, et se font peu concurrence. «Ils seraient plutôt complémentaires. Et à ce sujet, il existe un relatif consensus, affirme Xavier Chojnicki, économiste au Cepii et à l’Université de Lille 2. La plupart des études réalisées constatent d’ailleurs un très faible impact de l’immigration sur le taux de chômage».
«En France et en Europe, le marché du travail est très segmenté», poursuit-il. Les immigrés y occupent souvent des emplois peu qualifiés, peu rémunérés, aux conditions de travail difficiles. Les secteurs de la restauration, du bâtiment et des services à la personne par exemple, peinent malgré tout à pourvoir des offres d’emploi que les autochtones jugent insuffisamment attractives. D’après la dernière enquête sur les besoins de main d’œuvre réalisée par Pôle emploi, 61% des offres d’aides à domicile posent ainsi des difficultés de recrutement. «Si le flux d’immigration venait à être réduit, cela accroîtrait encore les difficultés d’embauche de ces secteurs», explique Xavier Chojnicki. On peut penser qu’à long terme, les conditions d’emploi pourraient de ce fait y devenir plus favorables. Mais à court terme, on s’expose au risque de doper fortement le travail au noir.
20.000 personnes par an
«De surcroît, vouloir réduire l’immigration de travail est surprenant, car elle comprend les migrants plus sélectionnés», s’étonne Patrick Simon. Ces 20.000 personnes par an qui viennent travailler en France à la demande des chefs d’entreprises ne représentent d’ailleurs qu’une petite fraction des 200.000 immigrés qui s’y installent chaque année, notamment au titre du regroupement familial ou pour motifs humanitaires. «Les employeurs espèrent plutôt un assouplissement des règles en vigueur car ils ont besoin de cette main d’œuvre étrangère», poursuit-il.
Depuis 2006 et jusqu’à il y a peu, Nicolas Sarkozy plaidait d’ailleurs pour une «immigration choisie», encourageant la venue de candidats sélectionnés selon leur profil professionnel. «Depuis cette date, l’immigration de travail est passée de 10.000 personnes par an environ à 20.000», précise Patrick Simon. Un nombre marginal par rapport aux 500.000 offres d’emplois non pourvues actuellement en France. «Au total, ce n’est pas beaucoup non plus par rapport au flux migratoire total», juge le démographe. Car la France, comme la plupart des pays européens, peine à faire venir sur son territoire les immigrés les plus attractifs. A ce titre, le Canada, l’Australie, ou encore les Etats-Unis tirent bien mieux leur épingle du jeu.
INSEE : Taux de croissance annuels moyens de la population par région entre 2007 et 2040 (en %).
L’Ile-de-France restera la région la plus peuplée (12,8 millions d’habitants en 2040) devant Rhône-Alpes (7,5 millions) mais sera moins attractive que d’autres (10,1% de croissance contre une moyenne métropolitaine de 14,5 %). En effet, l’attractivité des régions littorales et méridionales se confirme : l’effet sun belt devrait attirer jusqu’à 6,3 millions de personnes de la Bretagne à la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, en passant par l’Aquitaine, le Midi-Pyrénées et le Languedoc-Roussillon.
En revanche, ces régions globalement attractives seront vieillissantes et, sans apport extérieur, perdraient des habitants. La décennie 2030-2040 devrait donc enrichir les entreprises de pompes funèbres. Les deux régions-métropoles que sont l’Ile-de-France et Rhône-Alpes échappent à cette tendance. Leur solde naturel devrait être parmi les plus élevés en France, si l’on met à part la Guyane dont le contexte géographique particulier a pour conséquence une hausse spectaculaire de la population (+ 169 % entre 2010 et 2040), comme c’est déjà le cas depuis les années 1990. Les mangroves n’ont qu’à bien se tenir.
Le Proche-Orient compte plus de 100 millions d’habitants (Egypte, Israël, Palestine, Liban, Jordanie, Syrie). On distingue très bien la vallée et le delta du Nil (plus de 70 millions d’habitants), le littoral israélien et libanais, la région d’Amman (Jordanie) et celle de Damas (Syrie).
Female astronaut looks down at Earth from window of her space station | Mail Online

