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Jean Arthuis, président de la commission des Finances du Sénat, sur Europe 1. Petite info à rajouter. Pas forcément besoin de maquiller les comptes. Certains le faisaient ouvertement. Dès 2003, deux pays - aujourd’hui donneurs de leçons - ont envoyé paître le pacte de stabilité tout en réussissant à ne pas se faire sanctionner. La France et l’Allemagne. (via jslefebvre) |
Le philosophe allemand Jürgen Habermas comme l’économiste indien Amartya Sen ont chacun dénoncé la dérive anti-démocratique d’une zone euro réduite à une coopération intergouvernementale. Le respect des partenaires sociaux et, plus largement, de la société civile devrait également dissuader de s’engager sur cette voie. Le risque d’injustice serait d’autant plus grand que le Conseil européen obéit de plus en plus à une logique censitaire : ce sont les Etats les plus riches - voire les mieux classés par les agences de notation - qui imposent leurs vues aux autres.
Ce que vit l’Italie, ces jours-ci, devrait nous faire réfléchir : s’il est normal que les partenaires européens exigent des réformes en contrepartie de leur assistance, la lettre conjointe (non publiée à ce jour) de MM. Trichet et Draghi dictant à Rome un programme de gouvernement, y compris le détail des procédures et du calendrier, suscite en Italie de vives réactions.
Ainsi, le “gouvernement de la zone euro” pourrait bien être soit inefficace, s’il adoptait encore un catalogue de bonnes intentions, soit illégitime et dangereux, s’il instaurait un directoire. Ce dont la zone euro a besoin, c’est de développer progressivement la démocratie par-delà les frontières, en se fondant sur des institutions supranationales et des règles du jeu transparentes. Tel était le projet des pères fondateurs de l’euro. Et même… des pères et mères du traité de Lisbonne.
Aux Etats-Unis, on ne passerait pas son temps à discuter entre les gouverneurs du Texas, de la Californie, de la Floride, etc pour sauver le Delaware. On aurait un président américain qui présenterait un plan de sauvetage discuté et voté par le Congrès et la décision serait prise en quelques semaines. Voilà un rôle que pourrait jouer le président de la Commission européenne devant le Parlement européen… en plus, les débats sont filmés dans l’hémicycle européen. Les citoyens sauraient donc précisément la direction politique proposée. Au lieu de cela, on attend la fumée blanche à la sortie de la réunion entre la France et l’Allemagne…
C’est bien l’indécision qui tue l’Europe actuellement.
Parmi les auteurs de cet édito on compte des membres du Mouvement Européen France.
La première moitié du XXe siècle a été marquée par les deux guerres civiles européennes les plus meurtrières de l’Histoire. La deuxième moitié fut au contraire celle de la reconstruction et d’une union sans précédent des pays de l’ouest de l’Europe - puis de l’insertion dans cette Union de la plus grande partie des pays ex-communistes européens. En 2010 - après dix années de négociations - l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne a ouvert la voie à la consolidation de la « grande » Union européenne.
La prochaine étape de ce processus devrait être 2014, année où se cumulent de grandes mutations institutionnelles. D’abord une étape politique avec la pleine application du Traité de Lisbonne, la première élection du Parlement européen sous son égide et le renouvellement des principaux dirigeants des institutions. Ensuite une étape économique et financière avec la consolidation des mesures relatives à la stabilité monétaire et à la gouvernance économique européennes.
Enfin, une étape budgétaire avec l’adoption d’un nouveau cadre financier pour cinq ans et la création de nouvelles ressources propres européennes.
Symboliquement, l’UE devrait donc prendre en 2014 un nouveau départ sur des bases renforcées.
Ce nouvel élan pourrait toutefois être freiné par trois dangers.
Le premier : une désorientation et un détachement croissants de l’opinion publique vis-à-vis de l’évolution de l’UE. Le second : une remise en cause de la méthode communautaire et un affaiblissement corrélatif des institutions. Le troisième : la crise financière et économique qui fait douter de la capacité de réaction de l’UE.
Restaurer la confiance, l’unité et la solidarité entre les peuples et les États européens sont les conditions nécessaires pour réussir le franchissement du cap de 2014.
Pour y parvenir, il faut mobiliser tous ceux qui pensent que, si le cap de l’unité européenne venait à être perdu alors qu’aucune autre vision claire de l’avenir de l’Europe ne semble pouvoir lui être substituée, l’UE serait menacée de marginalisation, voire d’éclatement. Un sursaut politique est nécessaire pour assurer le maintien des valeurs et le modèle socio-économique européens. Des initiatives fortes doivent donc être prises pour promouvoir une relance politique de l’UE, pour «réveiller l’Europe» que nous voulons.
Dans cet esprit nous encourageons l’initiative du «Groupe Spinelli» du Parlement européen visant à créer «un réseau de citoyens et de politiciens résolus à faire avancer l’Europe». Nous proposons que les principales organisations pro-européennes lancent une grande campagne d’opinion et nous engageons pour que la prochaine élection européenne devienne enfin l’événement démocratique qui scande et détermine l’évolution de l’Europe des citoyens.
Ne nous y trompons pas : l’entreprise européenne, comme une civilisation, est humaine et donc mortelle. Nous devons nous battre pour qu’elle subsiste et progresse. C’est le véritable enjeu de la bataille de 2014 dans laquelle nous devons tous nous engager.
Michel ALBERT et Jean-Guy GIRAUD (Union des fédéralistes européens), Jean BOISSONNAT et Michel CAMDESSUS (anciens présidents des Semaines sociales de France), Jean-Michel FAUVE et Robert TOULEMON (Pt et vice-Pt de Réalités et Relations internationales)
(Source : ouest-france.fr)
Chacun s’accorde à dire combien l’Europe va mal. Comment ne pas être déçu de voir l’Union européenne, telle qu’elle est aujourd’hui, le plus souvent impuissante et divisée, illisible pour le citoyen européen. Même s’il faut reconnaître des avancées telles que le mécanisme européen de stabilité financière, le pacte pour l’euro plus ou le début d’une convergence fiscale, celles-ci ne peuvent cacher les divisions sur de nombreux domaines et relèvent de décisions intergouvernementales, actant donc la mise à l’écart de la méthode communautaire.
Comment ne pas être déçu quand il est facile de se rendre compte qu’une Europe fédérale serait la meilleure garantie pour défendre les intérêts des peuples européens, pour que l’Europe puisse se faire entendre dans le contexte de mondialisation qui caractérise ce début du XXIème siècle ? Comment ne pas être déçu quand on voit les gouvernements des Etats membres incapables, sur de nombreux domaines de faire preuve d’une véritable solidarité européenne et de promouvoir des politiques, des projets communs ? Il est alors peu surprenant que nombre de nos concitoyens se détournent de l’idée européenne.
Réagir est urgent. On n’a pas le droit de laisser ainsi s’étioler une construction qui a suscité tant d’espoirs, qui nous a apporté la paix et la liberté. Que chacun le comprenne, les mêmes causes produisent les mêmes effets, une Europe qui se déliterait est une Europe où l’émergence de nouveaux conflits ne tarderait pas.
Comment réagir ? Il faut d’abord expliquer pourquoi l’Europe est une nécessité. Nos gouvernements ne peuvent, tout en parlant toujours d’Europe, prendre des positions qui empêchent son développement. Il faut surtout mobiliser l’opinion publique, et là est le rôle de la société civile que représente notamment le Mouvement Européen-France. Mais comment le monde associatif peut-il agir quand l’appuie public lui fait défaut ?
Réagir ce serait adopter quelques mesures montrant que l’on croit en l’Europe : définir une politique énergétique commune ; lancer de nouveaux projets d’entreprises communes qui prouveront qu’ensemble l’Europe peut réussir ; mettre en place une véritable politique commune en matière d’immigration et d’accueil des migrants, pendant indispensable de l’espace Schengen ; ou encore lancer une diplomatie européenne pour mutualiser nos moyens. Et combien d’autres exemples pourrions-nous citer ?
Peut-on réagir ? Oui, si la société civile est capable de lancer un cri d’alerte et un appel, si nous parvenions à faire de l’Europe un vrai débat lors de la prochaine présidentielle. Oui, si les élections de juin 2014 au Parlement européen, dans l’esprit du traité de Lisbonne, permettent vraiment une campagne européenne autour d’un candidat à la présidence de la Commission et d’un projet présentés par chaque grande famille politique européenne. Oui, si nous acceptons de considérer que dans une Europe élargie il ne sera plus possible d’avancer tous au même moment et au même rythme. L’Europe a besoin d’une locomotive. Les Etats fondateurs, au premier rang desquels la France, doivent retrouver leur fonction d’entraînement et être les premiers à respecter les règles. L’Europe de l’expérimentation des groupes pionniers c’est positif quand on affiche clairement que l’objectif est d’initier une dynamique pour rassembler progressivement le maximum d’Etats. Ce n’est pas instituer une Europe à deux vitesses ni revenir sur des acquis. C’est aller de l’avant pour entraîner les autres dans leur sillage. Ajoutons que l’Europe des pionniers ne se résume pas aux Etats. Les régions et métropoles européennes sont aussi les lieux d’invention de l’Europe de demain.
Le combat de l’Europe n’est pas la nostalgie d’une époque passée, celle de l’après-seconde guerre mondiale, celle de la deuxième moitié du XXème siècle. C’est le combat prioritaire d’aujourd’hui pour la paix, la liberté, la prospérité de nos peuples européens. C’est le combat pour que notre jeunesse puisse avoir un avenir, s’approprier un projet collectif.
Tribune du Mouvement Européen France parue dans La Croix le 30 mai 2011 est signée par :
- Christian Philip, Président du Mouvement Européen-France
- Damien Abad, Vice-président du Mouvement Européen-France, Député européen (PPE - nouveau centre)
- Denis Badré, Vice-président du Mouvement Européen-France, Sénateur – Maire de Ville d’Avray (Union Centriste du Sénat)
- Frédéric Benhaim, Vice-président du Mouvement Européen-France, membre du Conseil fédéral d’Europe Ecologie-Les Verts
- Sylvie Goulard, Vice-présidente du Mouvement Européen-France, Députée européenne (ADLE-Modem)
- Catherine Grèze, Vice-présidente du Mouvement Européen-France, Députée européenne (Europe Ecologie-Les Verts)
- Fabienne Keller, Vice-présidente du Mouvement Européen-France, Sénatrice (UMP)
- Jérôme Lambert, Vice-président du Mouvement Européen-France, Député (PS)
- Jean-Luc Sauron, Vice-président du Mouvement Européen-France, Maître des requêtes au Conseil d’Etat
- Najat Vallaud Belkacem, Vice-présidente du Mouvement Européen-France, adjointe au maire de Lyon et Secrétaire nationale du PS en charge des questions de société
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Martin Schulz, Président du groupe parlementaire S&D au Parlement européen, cité dans l’article de La Croix “Les eurodéputés résistent à un directoire franco-allemand”. Un article à lire pour mieux comprendre les enjeux actuels de la construction communautaire pendant cette période d’instabilité (intergouvernementale ou supranationale ?) et bien se rendre compte du pouvoir croissant du Parlement européen dans l’Union européenne. |
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Daniel Cohn-Bendit (via buzzle) |
| — | Extrait de l’article La réélection sans débat du président de la Commission,une menace pour l’Europe sociale et écologique, par Daniel Cohn-Bendit et Sylvie Goulard, publié dans Le Monde. |