Jean Quatremer, correspondant de Libération auprès de l’UE et auteur du blog Coulisses de Bruxelles, sur le nationalisme économique.
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Jean Quatremer, interviewé par l’édition belge de Paris Match.
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Il est assez curieux de voir certains politiques – minoritaires et souvent extrémistes – et économistes, par opposition idéologique à la monnaie unique rendue, envisager calmement l’explosion de la zone euro alors que l’événement aurait des conséquences dramatiques pour l’Europe, mais aussi pour le reste du monde. Pourtant, il ne viendrait à l’idée de personne de nier les conséquences catastrophiques d’une crise de la dette aux États-Unis, d’un plongeon du dollar, voire d’un éclatement du pays… La récession qui suivrait une éventuelle disparition de l’euro ferait apparaître la crise de 1929 et celle de 2008 comme d’aimables amuse-bouches.
Les USA s’impatientent de l’indécision européenne, la Chine en profite pour soutenir les dettes nationales européennes et gagner du terrain.
Il paraît que Jean-Luc Mélenchon est blessé lorsqu’on dit de lui qu’il est le Le Pen de gauche. On le pleurerait presque, lui qui, en plus de censurer son blog, n’en finit pas d’éructer contre les journalistes, sa dernière cible étant le journaliste de Libération Jean Quatremer qui, faisant son travail, a eu l’outrecuidance de pointer du doigt le boycott par le tribun populiste d’un prix européen remis à un dissident cubain ou son vote négatif contre des sanctions à l’encontre de la dernière dictature d’Europe, la Biélorussie.
Cela me rappelle ce commentaire d’Alain Duhamel dans son édito politique sur RTL.
Ce qui est extraordinaire avec Jean-Luc Mélenchon c’est qu’il interpelle, il apostrophe, il injurie. Mais dès qu’il est pris à parti, immédiatement il prend un air blessé, offensé, victimisé. S’il s’agit de dire en ce qui concerne l’immigration, la sécurité, la xénophobie… il est évidemment aux antipodes de Marine le Pen, cela ne fait aucun doute. Mais quand il s’agit de s’en prendre à l’Europe, à la mondialisation, aux élites ou à ceux qu’il appelle les oligarques aujourd’hui, ce sont les mêmes mots et les mêmes cibles.
Je n’avais déjà pas beaucoup de sympathie pour Jean-Luc Mélanchon, imprécateur populiste qui manie à la fois l’insulte (notamment contre les journalistes comme ici et ici) et la victimisation, lui qui est plus présent dans les médias qu’au Parlement européen, où il a pourtant été élu.
Alors qu’il n’est que rarement présent au Parlement européen et surtout vice-Président (fantôme) de la Commission des Affaires Etrangères, le voilà qu’il boycotte la cérémonie de remise du Prix Sakharov au dissident cubain Guillermo Farinas (équivalant du Prix Nobel de la Paix mais remis par le Parlement européen) au prétexte fallacieux que derrière cette “attribution obsessionnelle, à répétition, à des anticastrites” se cacherait une propagande anticommuniste. Notons que Guillermo Farinas, tout comme Liu Xiaobo, récipiendaire du Prix Nobel de la Paix 2010, ont été empêchés par les autorités de leur pays de recevoir leur récompense.
Et cela gêne Jean-Luc Mélenchon quand Jean Quatremer y voit un soutien à la dictature cubaine, alors il le fait savoir, à sa façon : l’insulte. Bel exemple de démocratie.
Pascale Clark recevait le 2 décembre dans son émission Comme on nous parle le correspondant de Libération à Bruxelles et auteur du blog les Coulisses de Bruxelles Jean Quatremer, à l’occasion de la diffusion ce mardi 7 décembre à 22h35 sur Arte de deux documentaires sur l’Euro qu’il a coréalisés avec Jean-Michel Meurice. Il répondra également ce soir-là aux questions des internautes lors de cette soirée qui s’annonce très intéressante - dommage qu’elle soit si tardive.
Il y sera question de la naissance de la monnaie unique ainsi que de la chronologie de la crise dans la zone et des responsabilités des acteurs, en particulier des banques qui, selon l’expression de Jean Quatremer, “mordent la main (des Etats) qui les ont nourries”.
Sur le blog de Jean Quatremer :
- Les tops de l’année européenne 2009.
- Les flops de l’année européenne 2009.
Sur le Taurillon, webzine des Jeunes Européens :
- Une présidence suédoise de l’Union européenne pour l’histoire (Aymeric Chassaing)
- La présidence tchèque de l’Union européenne : un exercice délicat (Marie-Alix Riou)
- Le périple de Lisbonne (Jean-Baptiste Kastel)
- 2009, des élections européennes encore ratées (Nicolas Jean).
- Barroso, Buzek, Ashton et Van Rompuy : des nouveaux visages pour une nouvelle Europe ? (Dumitru Drumea)
- Manque de charisme et d’ambition pour les grandes nominations européennes de e 2009 (votre serviteur :)
| — | Conclusion de l’article de Jean Quatremer “Le Traité de Lisbonne entre en vigueur le 1er décembre 2009”. Et oui, n’en déplaise aux grincheux qui trouvent l’Europe trop “libérale”, s’ils veulent changer les choses, il faut changer de gouvernements, de majorités et arrêter d’accuser les institutions. |
