Le fil de Titem

Les années Bush ont mis le paradigme médiéval à la mode, c’est-à-dire qu’elles ont privilégié une approche religieuse et dichotomique du monde, une logique conflictuelle : la civilisation musulmane contre la civilisation chrétienne. Sauf que le fondamentalisme chrétien est le pendant du fondamentalisme islamiste. Les uns et les autres affichent la même terminologie, les mêmes concepts, les mêmes référents historiques, en l’occurrence l’époque des croisades. Les islamistes disent que les pays musulmans sont envahis par les chrétiens qui pillent leurs pays. Ils fustigent ces nouveaux « croisés ». Les fondamentalistes chrétiens parlent eux aussi d’« invasion » et d’« islamisation » de l’Europe. Breivik s’est d’ailleurs qualifié de « templier ». Il n’a pas choisi sa cible au hasard.

Pour ces fondamentalistes chrétiens, la social-démocratie est l’héritière des communistes, c’est-à-dire l’ennemi intérieur qui défend une idéologie antinationale en acceptant notamment l’immigration. Eux se considèrent comme des nationalistes, c’est-à-dire comme des citoyens aimant la nation et ayant le devoir de réagir. Leur slogan, c’est: « force, honneur et sacrifice ». Ils se posent en résistants, en révolutionnaires, tout comme les islamistes !

«Sur le papier, il peut être séduisant de mettre face à face chômeurs et immigrés», explique Patrick Simon, démographe à l’Ined. […] «C’est oublier que ces deux catégories de populations ne sont pas substituables», précise Patrick Simon. En clair, autochtones et immigrés n’occupent pas les mêmes types d’emplois, et se font peu concurrence. «Ils seraient plutôt complémentaires. Et à ce sujet, il existe un relatif consensus, affirme Xavier Chojnicki, économiste au Cepii et à l’Université de Lille 2. La plupart des études réalisées constatent d’ailleurs un très faible impact de l’immigration sur le taux de chômage».

«En France et en Europe, le marché du travail est très segmenté», poursuit-il. Les immigrés y occupent souvent des emplois peu qualifiés, peu rémunérés, aux conditions de travail difficiles. Les secteurs de la restauration, du bâtiment et des services à la personne par exemple, peinent malgré tout à pourvoir des offres d’emploi que les autochtones jugent insuffisamment attractives. D’après la dernière enquête sur les besoins de main d’œuvre réalisée par Pôle emploi, 61% des offres d’aides à domicile posent ainsi des difficultés de recrutement. «Si le flux d’immigration venait à être réduit, cela accroîtrait encore les difficultés d’embauche de ces secteurs», explique Xavier Chojnicki. On peut penser qu’à long terme, les conditions d’emploi pourraient de ce fait y devenir plus favorables. Mais à court terme, on s’expose au risque de doper fortement le travail au noir.

20.000 personnes par an

«De surcroît, vouloir réduire l’immigration de travail est surprenant, car elle comprend les migrants plus sélectionnés», s’étonne Patrick Simon. Ces 20.000 personnes par an qui viennent travailler en France à la demande des chefs d’entreprises ne représentent d’ailleurs qu’une petite fraction des 200.000 immigrés qui s’y installent chaque année, notamment au titre du regroupement familial ou pour motifs humanitaires. «Les employeurs espèrent plutôt un assouplissement des règles en vigueur car ils ont besoin de cette main d’œuvre étrangère», poursuit-il.

Depuis 2006 et jusqu’à il y a peu, Nicolas Sarkozy plaidait d’ailleurs pour une «immigration choisie», encourageant la venue de candidats sélectionnés selon leur profil professionnel. «Depuis cette date, l’immigration de travail est passée de 10.000 personnes par an environ à 20.000», précise Patrick Simon. Un nombre marginal par rapport aux 500.000 offres d’emplois non pourvues actuellement en France. «Au total, ce n’est pas beaucoup non plus par rapport au flux migratoire total», juge le démographe. Car la France, comme la plupart des pays européens, peine à faire venir sur son territoire les immigrés les plus attractifs. A ce titre, le Canada, l’Australie, ou encore les Etats-Unis tirent bien mieux leur épingle du jeu.

L’affaire Lenoir et Diot et le complexe de Caïn

Le conseil de Paris a proposé d’apposer une plaque commémorative rue Montorgueil afin de rendre hommage à Bruno Lenoir et Jean Diot, les deux dernières personnes condamnées à mort pour homosexualité en France (en juillet 1750) […] 

Cette histoire de commémoration m’indiffère au plus haut point, mais l’affaire originale, qui touche à la fois à l’histoire du Droit, à l’évolution des mœurs et à la situation des pédés sous l’Ancien Régime, m’intrigue bigrement. Je tente donc de soutirer des informations à l’ami Google.

La première page qu’il me rapporte est celle du Figaro. Je parcours l’article (qui hélas ne m’apprend rien sur l’affaire elle-même) et malencontreusement, je tombe sur les commentaires des internautes en bas de la page. Tonalité générale : il n’y en a toujours que pour les mêmes, on commémore deux homos mais rien pour les millions de Juifs/de Cathos/de Palestiniens/d’anciens combattants/de victimes de l’esclavagisme/de (insérez ici votre drame historique personnel), etc. Que de tristesse et de mesquinerie… Comme si reconnaitre le statut de victime à certains empêchait de l’accorder à d’autres, comme si l’Humanité devait être économe d’une capacité d’empathie limitée, comme si nous devions compatir avec parcimonie, uniquement pour certaines causes sélectionnées et pas les autres parce que ce serait gaspiller. Ca me fait penser à ce malaise bien connu des pédo-psychiatres, ces enfants qui angoissent à l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur parce qu’ils pensent que l’amour de leurs parents va se détourner d’eux pour se consacrer entièrement au nouveau venu ; sauf que dans ce dernier cas, on parle de gamins de 5 ans, pas d’adultes censément matures en âge de lire et commenter le Figaro…

Sa notoriété est faible, et en plus il est candidat tous les ans à des mandats différents, mais c’est notre seule carte.
Citation off d’un “membre de la direction de l’UMP”, selon Le Figaro, à propos de Christophe Béchu, Président du Conseil général du Maine-et-Loire, député européen et conseiller municipal d’Angers, pressenti pour être à la tête de liste UMP aux élections régionales de mars 2010 en Pays de Loire. A retenir dans le débat sur le cumul des mandats.