Le pari franco-allemand est doublement risqué. En refusant aujourd’hui les euro-obligations mais en laissant la porte entrouverte, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel semblent dire aux marchés : continuez à nous attaquer, nous finirons bien parcéder. Sur ce point, il est vraisemblable qu’ils seront entendus.
Le philosophe allemand Jürgen Habermas comme l’économiste indien Amartya Sen ont chacun dénoncé la dérive anti-démocratique d’une zone euro réduite à une coopération intergouvernementale. Le respect des partenaires sociaux et, plus largement, de la société civile devrait également dissuader de s’engager sur cette voie. Le risque d’injustice serait d’autant plus grand que le Conseil européen obéit de plus en plus à une logique censitaire : ce sont les Etats les plus riches - voire les mieux classés par les agences de notation - qui imposent leurs vues aux autres.
Ce que vit l’Italie, ces jours-ci, devrait nous faire réfléchir : s’il est normal que les partenaires européens exigent des réformes en contrepartie de leur assistance, la lettre conjointe (non publiée à ce jour) de MM. Trichet et Draghi dictant à Rome un programme de gouvernement, y compris le détail des procédures et du calendrier, suscite en Italie de vives réactions.
Ainsi, le “gouvernement de la zone euro” pourrait bien être soit inefficace, s’il adoptait encore un catalogue de bonnes intentions, soit illégitime et dangereux, s’il instaurait un directoire. Ce dont la zone euro a besoin, c’est de développer progressivement la démocratie par-delà les frontières, en se fondant sur des institutions supranationales et des règles du jeu transparentes. Tel était le projet des pères fondateurs de l’euro. Et même… des pères et mères du traité de Lisbonne.
En un an, la liste est longue des initiatives conçues à Budapest qui devraient singulièrement inquiéter les Européens. Cette semaine encore, le gouvernement Orban a fait voter des lois attentatoires aux libertés publiques : travail obligatoire et sous surveillance policière pour les allocataires sociaux, allongement de la garde à vue et nouvelles restrictions imposées aux adversaires politiques.
Cela vient s’ajouter à nombre de décisions déjà prises et tout aussi contestables : encouragement de tendances irrédentistes chez les minorités magyares des pays voisins ; réduction drastique des pouvoirs de la Cour constitutionnelle ; loi sur les médias destinée à les mettre au pas ; une Constitution dont le préambule ouvre la voie au révisionnisme en faveur du maréchal Horthy, le Pétain hongrois.
Le silence des capitales européennes devient assourdissant. Heureusement pour Viktor Orban, il pourra toujours compter sur le soutien de l’eurodéputé britannique et europhobe Nigel Farage.
Un reportage passionnant : les archéologiques apportent une nouvelle hypothèse qui permettrait d’expliquer pour quelle raison la florissante civilisation maya s’est subitement effondrée. Le premier maillon de la chaîne serait… la déforestation !
Plongée dans l’enfer des geôles du Président syrien Bachar Al-Assad où s’exerce la torture : le journaliste Khaled Sid Mohand raconte son calvaire.
| — |
Extrait de l’interview de Judith Depaule, qui met en scène Corps de femme, une tétralogie conçue autour du sport. (Source : lemonde.fr) |
Un cri et un appel de Martin Schulz dans sa tribune au Monde, en faveur du renforcement de la gouvernance européenne, l’harmonisation fiscale, la création d’une agence de stabilité financière euroépenne qui pourrait émettre des “euro-bonds”.
Soyons ambitieux : plus grand sera le renforcement de la gouvernance de la zone euro, plus élevée pourra être la solidarité européenne.
Infrastructures routières et ferroviaires vieillissant, ponts et canalisations moins fonctionnels, écoles en déliquescence, systèmes d’aide sociale lentement supprimés… C’est un tableau noir des Etats-Unis que dessine Arianna Huffingtion, fondatrice du site d’actualité Huffingtion Post, dans son dernier livre “L’Amérique du Tiers-Monde”.
(Source : zerojanvier)
Extrait :
Ceux qui comprennent mal les méandres de la politique belge imaginent-ils que, demain, José Luis Zapatero, le premier ministre espagnol, soit remplacé par un dirigeant basque ou catalan prônant l’éclatement du royaume […] (et) vienne débattre avec le roi Juan Carlos des moyens nécessaires pour mettre en place un gouvernement à Madrid ? C’est un peu ce à quoi l’on assiste à Bruxelles depuis le séisme électoral qui s’y est produit dimanche 13 juin […]
Et l’Europe se tait. Refusant de voir ce qui se joue dans le petit pays qui l’abrite : l’avenir du multilinguisme, de la cohabitation harmonieuse entre des communautés et des transferts d’argent des plus riches vers les moins nantis, trois principes qui sont en débat en Belgique, mais aussi à la base du projet politique de l’Union.
Comment ne pas voir dans ce qui se passe en Belgique une frustrante illustration de l’incapacité des dirigeants européens incapables à s’accorder sur ce gouvernement économique européen et cette solidarité fiscale, seul à même de renforcer et stabiliser l’Union européenne ?
| — |
De la diversité à l’identité, le virage de Nicolas Sarkozy, par Philippe Bernard - LeMonde.fr (via flyonair)
|
| — |
Éditorial du Monde, samedi 14 novembre 2009 (via vincen-t)
|