Le fil de Titem
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jassogne:

Jean Quatremer, correspondant de Libération auprès de l’UE et auteur du blog Coulisses de Bruxelles, sur le nationalisme économique.

… il n’y a pas lieu d’exonérer les tenants des discours identitaires et autres petits tenanciers de forums obsessionnels de leur responsabilité. Si Breivik est un fondamentaliste, c’est bien un fondamentaliste identitaire. Car pour le coup, les actes de Breivik sont pleinement cohérents avec leurs discours, qu’on les prenne au pied de la lettre, ou qu’on les pousse à l’extrême. On ne peut pas alimenter « la peur de la peur », hystériser l’identité, véhiculer le rejet de l’autre, construire des sites sur la sélection attentive de faits isolés pour en faire les révélateurs d’une lame de fond, prophétiser un choc des civilisations pour mieux le provoquer, et s’étonner qu’un esprit dérangé (ou simplement excessif ?) en tire des conséquences. Armer le bras d’un fou, ça s’est vu. Et c’est une responsabilité.  

Que ces discours ne fassent que de moindres dégâts sur des esprits moins dérangés n’est pas spécialement apaisant.  

Il faut enfin admettre que le mal absolu n’est pas étranger à notre nature humaine, et fait bien partie du réel. L’imputer à la folie est aussi une façon de nous protéger, de nous rassurer.

Le nationalisme du XXIème siècle n’est pas expansionniste, il est juste petit bourgeois et égoïste.

Jean Quatremer, interviewé par l’édition belge de Paris Match. 

“On retrouve, en Europe, ce même type de tensions, entre les riches du Nord et les pauvres du Sud : en Espagne, avec la Catalogne, ou en Italie, avec la Ligue du nord ou, plus largement, en Europe, avec la crise grecque, partout les riches refusent de payer pour les pauvres.”

flyonair:

“Interrogé par L’Express, le sociologue Yannick Cahuzac, spécialisé dans l’étude de l’extrême droite sur le web, note que les mouvements nationalistes “tentent de psychologiser l’affaire afin d’en dépolitiser l’acte”. “Certains sites mettent en avant l’appartenance du tueur à la franc maçonnerie ou l’histoire de la tuerie de Nanterre pour délégitimer la critique du racisme d’Anders Behring Breivik” remarque ainsi le sociologue.”

Attentats d’Oslo : les extrêmes droites européennes craignent “l’amalgame” - LeMonde.fr

Un nouveau billet très clair de Maître Eolas pour tenter de mettre fin à ce faux débat sur la binationalité, qui n’a pas d’autre utilité que de faire tourner le moulin à paroles de la Droite Populaire et du Front National.

Cette idée ne peut à mon sens pas passer. Car on l’a vu, le législateur français ne peut rien dans le cas des enfants français d’origine qui ont également une autre nationalité de naissance. Donc on aurait des cas d’enfants nés à l’étranger d’un parent français ayant la nationalité française et une autre, sans qu’ils aient jamais à mettre les pieds sur le sol français, et d’autres enfants nés en France et n’ayant vécu que dans ce pays, qui, parce qu’ils sont nés de deux parents étrangers, ne pourraient jamais de leur vie avoir la nationalité française. L’égalité est un droit de l’homme a valeur constitutionnelle, pas un tag sur les murs de nos mairies.

Sans parler de la haïssable idée qui sous-tend ce piètre débat qu’il y aurait des Français moins bons que d’autres, car ils seraient contaminés par un élément d’extranéité. Où l’on voit que dès qu’on parle de nationalité, la xénophobie n’est jamais loin.

Il serait peut-être temps que les députés de la droite populaire sauf dans les sondages se souviennent que le peuple les a élu pour représenter la Nation, et pas pour décider qui en fait partie.

En réaction aux nouvelles polémiques nauséabondes sur la double-nationalité. Lire aussi l’interview de Patrick Weil, directeur de recherche au CNRS et spécialiste de l’immigration, dans le Monde.

Au regard de la tradition républicaine il n’existe pas plusieurs catégories de Français, mono-nationaux d’un côté et binationaux de l’autre. Il n’existe que des citoyens français à égalité de droits et de devoirs. Le principe intangible d’égalité au sein de la République ne s’accommode d’aucune forme de discrimination quelle qu’elle soit. Le fait d’avoir deux ou plusieurs nationalités est une réalité de notre époque où les frontières s’ouvrent et où les hommes et les femmes circulent de plus en plus ; il constitue une richesse culturelle et une ouverture au monde. Dans un foyer binational on n’a pas à choisir, on ne choisit pas une culture et une nationalité par rapport à l’autre : l’une et l’autre peuvent se vivre pleinement, et ce vécu est un facteur de compréhension entre les peuples, de fraternité et de paix.

J’ai autant d’ennemis que l’Autriche a d’habitants.

Citation de Thomas Bernhard, dramaturge autrichien, célèbre par sa misanthropie et sa relation d’amour-haine avec sa Heimat

Dernier exemple de cette relation dans son oeuvre : en 1988, Place des Héros célèbre les 50 ans de l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne et attaque l’hypocrisie autrichienne alors qu’en 1938, la « place des Héros », au centre de Vienne, avait été le lieu d’un discours de Hitler acclamé par une énorme foule.