Jean Quatremer, correspondant de Libération auprès de l’UE et auteur du blog Coulisses de Bruxelles, sur le nationalisme économique.
Autrefois, les choses étaient simples. Au milieu du XIXe siècle, une machine à vapeur ne pouvait être fabriquée qu’en Angleterre. Aujourd’hui, les industriels ont créé des chaînes de fabrication et la production de chaque composant du produit final est localisée en fonction du coût de la main-d’oeuvre, de la qualité de la logistique, du cours des monnaies, des avantages fiscaux et des droits de douane.
La conséquence de cette spécialisation géographique est qu’un Boeing 787 Dreamliner comporte 10 % - en valeur - de pièces et de systèmes français (câblages, logiciels de fabrication, freins, trains d’atterrissage, portes) et un Airbus A380, une bonne moitié de produits américains (hors moteurs).
Le rapport critique le mode de calcul des balances commerciales sur la base des importations “made in”. Selon ses auteurs, la prise en compte des tâches effectuées plutôt que celle des biens fait apparaître que le déficit commercial américain à l’égard de la Chine est en réalité de 40 % inférieur aux 285 milliards de dollars (201 milliards d’euros) de 2008 et que la contribution chinoise à l’iPhone pèse neuf fois moins que la contribution japonaise. Ah ! Les idées reçues…
Face à une telle complexité, perturber l’importation d’un produit reviendra pour un pays à se tirer une balle dans le pied et à nuire à son propre emploi. Désormais tous solidaires pour le meilleur comme pour le pire, nous voilà condamnés à la coopération.
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Claude Guéant (secrétaire général de l’Élysée) (via buzzle) A ceux qui parlent de préférence nationale pour les industries automobiles (et autres industries), je pose la question : vaut-il mieux acheter les entreprises françaises qui produisent à l’étranger, ou les entreprises étrangères qui produisent en France, avec de la main d’oeuvre française ? |