Plongée dans l’enfer des geôles du Président syrien Bachar Al-Assad où s’exerce la torture : le journaliste Khaled Sid Mohand raconte son calvaire.
En Syrie, comme en Arabie Saoudite d’ailleurs, « il n’y a pas d’homosexuels ». Tels sont les mots de plus ou moins tout le monde et si l’on va dans ce sens, on y croirait presque : ce sont des hommes qui « baisent » des femmes dans un corps d’homme, la grille de lecture s’opérant autour de la l’axe actif/passif. L’homme qui accepte que l’on prenne du plaisir par lui devient femme. C’est en tout cas le genre d’explication qu’on m’a servi, en toute bonne foi.
Dans les années 70-80, Michel Foucault publiait son essai sur l’« Histoire de la sexualité ». Il y exposait l’évolution du statut de l’homosexualité au cours des XVIII et XIXe siècles, passant d’un comportement et de pratiques (ce que je fais) à une identité (ce que je suis).
De toute évidence en Syrie, et plus largement au Moyen-Orient, ce que je fais ne signifie pas forcément ce que je suis. C’est pourquoi parler d’homosexualité dans certains milieux sociaux n’a pas vraiment de sens puisqu’on y apposerait un concept dit occidental sur une société qui ne l’est pas. Je dis bien « dans certains milieux » car il apparaît que, en haut de l’échelle sociale, on trouve plus facilement des homosexuels assumés, qui le revendiquent en tant qu’identité.
[…] « Husayn a un passé de cinq années d’homosexualité. Il essaie d’arrêter. » C’est ainsi qu’Anthony, un Américain trentenaire vivant à Damas depuis un an et bilingue en arabe, me présente sa relation du moment. Il finit par éclater de rire mais la description colle probablement parfaitement aux combats intra-psychiques que vit Husayn, qui parle de lui-même comme d’un héroïnomane qui devrait se faire traiter.
[…] On pourrait penser que l’ampleur des relations sexuelles entre hommes en Syrie est un phénomène conjoncturel dû à la ségrégation sexuelle et à la frustration. Pourtant, plus je regardais, car il s’agit bien d’ouvrir les yeux, plus le phénomène semblait s’enraciner profondément. Impression renforcée si ce n’est confirmée à la lecture de poèmes d’Abu Nuwas, illustre poète [arabe du VIIIe siècle] célébrant souvent ouvertement l’homosexualité, voire l’amour de l’homme mûr pour le jeune garçon pubère.
(Source : rue89.com)
Le Proche-Orient compte plus de 100 millions d’habitants (Egypte, Israël, Palestine, Liban, Jordanie, Syrie). On distingue très bien la vallée et le delta du Nil (plus de 70 millions d’habitants), le littoral israélien et libanais, la région d’Amman (Jordanie) et celle de Damas (Syrie).
Female astronaut looks down at Earth from window of her space station | Mail Online
Pour Georges Malbrunot, le boycott français (mais plus largement européen) des quatre pays du Moyen-Orient que sont la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran risque de nous placer une nouvelle fois en dehors d’une zone hautement stratégique, forte de 250 millions d’habitants et qui possède 35% des hydrocarbures de la planète, qui se lance dans la voie d’un partenariat régional.
La Turquie, boudée par l’Europe, a de plus en plus le regard tourné vers elle-même…et l’est.


